L’assurance perte d’emploi est une option facultative de l’assurance de prêt, et son prix s’exprime en général en pourcentage du capital emprunté, par an. Les barèmes annoncés vont de 0,10 % à 0,60 % selon les sources, mais ce chiffre ne se juge qu’avec les conditions de prise en charge : carence, franchise, plafond et exclusions.
Comment se calcule le prix d’une assurance perte d’emploi
Le tarif courant est un taux annuel de 0,10 % à 0,60 % du capital emprunté. Sur un prêt de 200 000 euros, cela représente de 200 à 1 200€ par an, soit de 17 à 100€ par mois, d’après CAFPI. L’option vient s’ajouter à la cotisation de base de l’assurance emprunteur : une simulation d’Empruntis donne un taux moyen de 0,18 % avec l’option chômage, contre 0,09 % sans elle.
Les garanties de base de l’assurance emprunteur, décès et invalidité, restent obligatoires alors que la perte d’emploi ne l’est pas. Pour bien comparer le prix d’une offre, il faut donc isoler le coût de l’option dans le devis, comme le détaille notre page sur les garanties de l’assurance emprunteur.
Ce qui fait varier la cotisation d’une garantie perte d’emploi
La part de la mensualité couverte pèse le plus lourd. Les contrats proposent de 30 % à 80 % de l’échéance, parfois selon une formule évolutive (30 % la première année, puis 80 %) ou fixe. Plus la quotité est haute, plus la cotisation augmente.
Les autres paramètres relèvent du profil de l’emprunteur et du prêt :
- le type de contrat et l’ancienneté : un CDI est exigé, avec 6 à 12 mois d’ancienneté selon l’assureur ;
- le montant et la durée du prêt, puisque le taux s’applique au capital emprunté ;
- l’âge, avec une limite de souscription souvent fixée à 55 ans, parfois 65 ans ;
- les délais de carence et de franchise : une franchise courte ou une carence réduite rapproche le premier versement, donc renchérit le contrat.
Exemple chiffré d’assurance perte d’emploi sur 200 000 euros
Prenons un prêt immobilier de 200 000 euros sur 20 ans, avec un taux calculé sur le capital initial. Au bas de la fourchette (0,10 %), l’option coûte 200€ par an, soit environ 17€ par mois et 4 000€ sur 20 ans. Au haut de la fourchette (0,60 %), elle coûte 1 200€ par an, soit 100€ par mois et 24 000€ sur toute la durée.
Il s’agit d’une illustration de calcul, pas d’un tarif : un contrat réel peut calculer la cotisation autrement. Elle montre surtout l’écart entre deux offres, qui peut atteindre un facteur six pour la seule option.

Un acheteur qui finance un bien locatif y regarde de près, car cette cotisation s’ajoute au coût du projet d’investissement locatif et réduit la rentabilité attendue.
Ce que l’assurance perte d’emploi rembourse vraiment
La garantie s’ouvre après un licenciement involontaire d’un salarié en CDI, une fois la carence écoulée (6, 9 ou jusqu’à 12 mois après la signature). Vient ensuite la franchise, de 3 à 9 mois selon les contrats, avant le premier versement. Les mensualités sont couvertes pendant 36 à 48 mois au maximum, et la plupart des assureurs ne dépassent pas 18 mois consécutifs.
Plusieurs situations sont exclues : la démission, le licenciement pour faute grave ou lourde, le chômage partiel, la fin de CDD, l’intérim et la période d’essai. La rupture conventionnelle est écartée par certains assureurs, ce qui répond à la question que se posent beaucoup de salariés : tout dépend de la notice du contrat.
Les indépendants, commerçants et professions libérales n’entrent pas dans le champ de la garantie. Un dirigeant qui cherche une protection devra regarder la couverture chômage du dirigeant, qui fonctionne autrement.
L’assurance perte d’emploi est-elle obligatoire, et quand son prix se justifie
La garantie est facultative, contrairement au décès et à la perte totale et irréversible d’autonomie, que la banque exige. Personne ne peut donc vous imposer cette option, et son coût se décide en comparant ce qu’elle rapporte au plafond avec ce qu’elle coûte.
Au haut de la fourchette, 24 000€ de cotisations sur 20 ans correspondent au montant qu’on verserait à soi-même en épargne de précaution. Pour un salarié en CDI d’un secteur exposé, avec un seul revenu dans le foyer et une mensualité lourde, la protection a du sens. Pour un ménage à deux revenus avec de l’épargne, l’option pèse davantage qu’elle ne rapporte.

Comment payer moins cher une garantie perte d’emploi
Le premier levier est la comparaison du coût total de l’assurance sur la durée du prêt, et pas seulement de la mensualité affichée. Un devis qui détaille la ligne de l’option permet de mesurer l’écart entre deux offres.
Le deuxième levier est le choix de la quotité : une couverture à 50 % de la mensualité coûte moins qu’une couverture à 80 %, et suffit souvent si un autre revenu existe dans le foyer. La délégation d’assurance, qui permet de souscrire hors de la banque, élargit aussi la comparaison, et l’assurance de prêt peut être changée en cours de remboursement.
Avant de signer, il faut lire la notice d’information : c’est elle qui fixe la carence, la franchise, les exclusions et le plafond. Un prix bas associé à une carence de 12 mois et à une franchise de 9 mois n’offre un premier versement qu’au bout de vingt et un mois.

